L’éolienne immobilisée, la brindille de cerisier devant le cadran digital orangé, ce même voyant informatique nous indiquant  20/03/2019 15 :43, tout devient témoignage, tout, c'est-à-dire presque rien, tout, c'est-à-dire seulement ce qui est faible, terne, indigne, pauvre, fragile.

Des inspirations jugées ténébreuses

Des juges accusant la lumière méprisée

Ici où je devine qu’il n’y a plus rien à voir

Qu’il faudrait ne plus être vu

De soi-même

Chemins de terre suppliciés par la pluie, mares fleurdelisées, râtelier de l’hiver. Les feuilles de châtaigniers, chênes et sureaux disparaissent au sein de la brume étincelante du matin.

Sur une photo de 1989 où je fixe l’objectif, mon visage épinglé s’est métamorphosé en archétype, ce n’est vraiment plus moi mais quelqu’un d’autre, un être indépendant, certes me ressemblant mais étrangement m’ayant fui, un moi fossilisé, indéchiffrable, un moi vernissé, carrelé, lambrissé, une icône possible de ma foi et de ma débâcle. Plus je m’en éloigne, plus ce visage reste le même,  s’entête à se draper dans le seul mystère de la Via Negativa. Voici ce qu’écrit Virginia Woolf sur cette impression : Et, soudain, cette valeur de signification, de symbole, de représentation qui descend parfois sur les gens et cela sans raison apparente, au moment où, par exemple, ils sortent du métro ou sonnent à une porte, se posa sur les Ramsay et fit d’eux, dans ce crépuscule où ils se tenaient debout, des figures symboliques du mariage, le mari et la femme idéaux.

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